Arrivée de Sonam et derniers jours avec les Karshapa

Publié le par Jonathan | Commentaires (0)

Dernière semaine au monastère de Karsha avant le départ pour Leh en faisant le trek du Chadar avec lama Sonam et un couple de belges, on commence demain !

A la nonnerie, les puja sont plus courtes maintenant, de 9h à 11h. Elles mangent de la soupe pour le petit déjeuner, de l’eau bouillie avec de la tsampa (farine d’orge grillée) et du fromage séché, et un petit gâteau avant. Plus tard elles mangent de la kolak (tsampa mélangée dans le thé), parfois avec des légumes. Comme les puja finissent à 11h, elles ne font pas de repas en commun le midi donc il y a moins besoin d’eau, du coup je remonte moins souvent de l’eau.

Vue sur la vallée depuis le monastère de Karsha

Vue sur la vallée depuis le monastère de Karsha

Sonam leur a parlé d’un projet pour refaire les canalisations pour mieux les protéger du froid et voir si d’autres sources d’eau étaient mieux. Elles sont allées sur la montagne et il n’y a pas d’eau à la source actuelle, gelée comme deux autres sources proches. Mais par contre il y a de l’eau qui coule à une autre source, un peu plus loin derrière une colline. Les nonnes auront donc peut-être de l’eau les hivers prochains, mais il faut que Sonam vérifie certaines choses avant d’organiser les travaux, et il faut trouver de l’argent pour les réaliser.

Au monastère pas de problèmes cette année pour l’instant, l’eau arrive toujours de la montagne (une autre source), donc au village aussi près du pont, où viennent les habitants remplir leur bidon, en compagnie des vaches et des yaks qui viennent aussi y boire.

Sonam est arrivé mercredi avec les deux belges qui dorment dans sa maison. L’aller sur le Chadar s’est bien passé avec la rivière bien gelée et du soleil. Ils ont visité le monastère et ses trois salles de prières, la nonnerie et les ruines de l’ancien village de Karsha au-dessus de la nonnerie, et le village avec les habitants réunis pour prier toute la journée en hiver dans une petite maison spéciale en bas du monastère. Les femmes ensemble et les hommes dans la pièce au-dessus, où il y a une petite salle de prières avec de belles peintures et un Bouddha à onze têtes. Ils ont pu rencontrer les moines et les nonnes, découvrir leurs mode de vie et leurs conditions de vie plutôt difficile en hiver, ainsi que voir comment se passent les cours à l’école du monastère.

Un autre français, Tanneguy d’Arfeuille, organise aussi des treks et soutient financièrement l’école du monastère avec son association « Les amis de Karsha« . Il a passé deux hivers au monastère de Karsha il y a une vingtaine d’années et travaillait avec Sonam avant. Il aide aussi d’autres monastères et nonneries au Zanskar, mais pas les nonnes de Karsha.

Ces derniers jours plusieurs moines m’ont invité à dîner chez eux avant mon départ. Il y a aussi eu un dîner spécial avec Sonam, moi, les deux belges, le Head-lama et d’autres moines importants, pour mon départ mais surtout pour discuter de divers projets avec Sonam comme la construction d’une bibliothèque. Les deux belges ont eu droit également aux remerciements du Head-lama et à quelques petits cadeaux comme un katak pour avoir aidé le monastère, car une partie de l’argent du trek est reversée au monastère pour les projets importants.

Deux renards jouent près de la nonnerie

Deux renards jouent près de la nonnerie

Il fait toujours froid et il neige de temps en temps, mais il y a juste une dizaine de centimètres de neige à Karsha et une vingtaine à Padum. J’ai vu deux renards en train de jouer dans les champs enneigés et sur le chemin de la nonnerie lorsque j’y suis allé un matin, et je les ai regardé pendant presque une demi-heure malgré le froid ! Ce matin Sonam est venu nous réveiller à 7h car il a vu des loups en bas de Karsha près du village, à côté du long mur à prières ! J’ai pu en prendre un en photo mais j’ai pas vu les autres loups, apparemment Sonam en a vu trois ou quatre et peut-être même une dizaine selon certains. On les entendait depuis une semaine, le soir principalement, donc on ne pouvait pas les voir, mais on pouvait bien entendre plusieurs fois les hurlements d’une meute de loups pendant quelques minutes.

Je continuais à faire cours de français au village le soir à un neveu de Sonam, et je dînais avec sa famille tous les soirs. J’avais droit au thé en arrivant et ensuite je dînais avec eux avant de remonter au monastère. J’ai pu manger la plupart des plats du Zanskar, riz avec lentilles ou légumes, soupe avec pâtes faites maison avec légumes ou viande, momos à la viande ou aux légumes, timos et d’autres plats, toujours très bon. Deux semaines quasiment avec eux tous les soirs, en plus des nombreuses fois où j’allais déjà les voir avant, je connais maintenant un peu mieux la vie des Zanskarpa en plus de celles des moines et des nonnes. Ils ont de nombreux champs, leurs vaches et leurs chèvres, et cultivent principalement des haricots et de l’orge. Leurs enfants sont dans des écoles en dehors du Zanskar dans l’État de Jammu et Kashmir, et ceux qui sont encore à la maison participent à toutes les tâches de la vie familiale, cuisine, travaux dans les champs, aller chercher l’eau et encore beaucoup d’autres choses.

Le retour du trek du Chadar commence demain matin avec Sonam et les deux belges, et trois porteurs qui sont venus au monastère (les autres sont restés avec leur famille dans leur village où ils nous accueilleront).

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