Longue marche vers Padum

Publié le par Jonathan | Commentaires (0)

Hier matin, juste après la puja, je pars à pied du monastère de Karsha à Padum, pour aller sur Internet envoyer un mail à tout le monde et aussi acheter des nouveaux gants. Départ donc vers 10h et je passe de l’autre côté de la rivière avec un pont en bas de Karsha, avec des drapeaux à prières des deux côtés, vers 11h. Longue marche au milieu de la vallée ensuite avec de plus en plus de neige en approchant de Padum, plus près de la montagne d’où arrive la neige, qui y bloque les précipitations. Vers 12h30, une jeep me prend gratuitement et heureusement car j’étais encore assez loin de Padum, environ 1h de plus à pied.

Padum sous la neige

Padum sous la neige

Je vais d’abord dans un magasin pour essayer de trouver un dictionnaire anglais-ladakhi mais il n’y en a pas alors je prend juste des gommes pour les petits et les nonnes. Ensuite, je vais au cyber-café, en fait c’est juste un petit ordinateur de disponible, apparemment celui du gérant. Il me faudra 2h pour copier les photos et vidéos sur la clé USB, déjà presque 12 Go de fait, et d’envoyer le mail avec quelques photos. Du coup pas mal de personnes et surtout de jeunes n’ont pas pu aller sur Internet, à part 30 min quand le gérant est sorti et leur a laissé son autre ordinateur de bureau. A la fin, le gérant me propose de manger des maggis, soupe de petites nouilles, qui était prévue pour un de ses amis, parti. Il me donne aussi le nom d’une guest-house, « Mont-Blanc » guest-house, où passer la nuit, mais me conseille aussi de manger avant 17h car tout est fermé après. Je vais donc dans un restaurant, mais celui qui s’en occupe ne me propose rien et c’est grâce à un autre client que j’arrive à avoir d’autres maggis, pour 20 Rs, soit 30 centimes d’euros. Il n’ a pas la monnaie donc il me dit de repasser demain, ou que de toute façon c’est pas grave.

Ici, il semble que les vendeurs ne cherchent pas vraiment à vendre et c’est plutôt bizarre. Celui où j’ai acheté des gommes discutait avec quelqu’un plutôt que de me demander ce que je voulais, alors que moi j’attendais qu’ils arrêtent de parler. Là où j’ai pris mes gants, même chose, elle parlait au téléphone alors que j’attendais, et puis en lui montrant mes gants elle a fini par m’en proposer, que j’ai pris pour 250 Rs soit environ 4€.

Je vais ensuite à la guest-house, où je me retrouve avec un groupe de femmes zanskaris qui boivent du thé et du chang, c’est la bière du Zanskar, faite avec de l’orge je crois. J’aurai finalement un dîner aussi, de la thukpa, avec le gérant et peut-être sa fille et sa femme. Comme ici les gens ne se présentent pas, ou même au monastère quand il y a des invités les moines ne font pas les présentations, je ne sais pas si c’est indiscret ou pas de demander de qui il s’agit, alors je ne leur ai pas demandé. Il a neigé fort toute l’après-midi et dans la nuit. Le lendemain, chapatis au petit déjeuner à 8h, avec du ketchup. La veille au soir après le dîner, ils ont regardé la télé et une émission qui ressemblait au concours de cuisinier mais en plus dramatique. Au moment de payer, le gérant me dit qu’en principe c’est 400 Rs une journée, c’est même autour de 550 Rs (8 €) sur l’affiche dans la chambre, mais il me dit que pour moi c’est 300 Rs, soit 5 €. Et je crois même qu’il voulait que je ne paie pas, mais j’ai pas vraiment compris.

Chorten sur la route vers Karsha

Chorten sur la route vers Karsha

Départ à 9h vers Sani à l’ouest pour traverser la rivière par là-bas et rejoindre Karsha en passant par les villages situés du même côté de la rivière. Mais je n’ai pas trouvé le pont, qui devait être plus loin, et j’ai dû revenir par la route que j’ai prise hier et repasser par le même pont. J’ai quand même vu plusieurs petits villages perdus au milieu de la vallée et sous plus de 40 cm de neige poudreuse, dans laquelle on s’enfonce dès qu’on sort de la route ou des chemins tracés par les habitants. La plupart des habitants étaient en train de sortir la neige de leur toit, tombée la veille, mais d’autres amenaient à deux sur les épaules du bois d’environ 5 m de long à une maison. Marcher seul, parfois dans de longues lignes droites, au milieu de l’Himalaya avec plus de 30 cm de neige partout autour, scintillantes grâce aux petits cristaux, avec un grand ciel bleu, est assez spécial.

Il faisait d’ailleurs un peu chaud et j’ai dû enlever sur la fin la chapka, les gants, la doudoune et les deux polaires, donc juste avec le T-shirt et le pantalon de montagne dans lequel je transpirais, alors qu’il devait faire autour de 0°C. Je pense du coup comme je m’en doutais que je ne pourrai pas faire la randonnée cet été à cause de la chaleur, puisqu’il fait entre 10°C et 20°C en juin. J’en ai profité pour faire plein de photos des paysages et villages enneigés et des vidéos au milieu de la vallée dans le grand calme. Et à force de prendre l’appareil photo, mes lunettes de soleil qui pendaient autour du cou sont tombées sans m’en rendre compte, et j’ai dû revenir presque un kilomètre en arrière pour les retrouver sur la neige !

Drapeaux à prières sur le pont de la rivière Doda

Drapeaux à prières sur le pont de la rivière Doda

L’arrivée en montée au monastère a été assez dure et je me suis arrêté chez le frère de Sonam, pour faire une photo de leur famille au soleil avec les montagnes et la vallée enneigée en arrière-plan, mais soit il a pas compris, soit tout le monde n’était pas là. Il m’offre par contre du thé, et en apprenant que je viens de Padum me sert aussi des biscuits, et même une omelette écrasée dans un bol préparée par une de ses filles, à qui il vient de raser les cheveux avec un rasoir, et ça saignait un peu.

Je monte difficilement ensuite à ma chambre en haut du monastère pour me laver et mettre à jour le journal, après que Jigmat ait préparé du thé au lait avec des chapatis pour nous deux, et quelques biscuits qui me restaient de la marche et que j’avais emmené après la puja de samedi matin. La douche s’est faite un peu dans le noir, juste une petite lanterne portable qui se recharge avec les panneaux solaires, mais agréable tout de même avec de l’eau bien chaude. Personne ce soir dans la pièce commune, donc je m’installe dans ma chambre, seul puisque le moine qui y dort est parti au village pour une à deux semaines. Pas d’appels ce soir comme c’était prévu, car plus de réseau à 20h30 alors qu’en principe il est éteint vers 22h, pour être actif le lendemain vers 8h. Otsal me rejoint plus tard après avoir nettoyé le Labrang où était préparée la fête la semaine dernière, et a regardé la carte de la région que m’avait passé Sonam pour nous montrer l’itinéraire du trek du Chadar, de Leh à Karsha, puis les photos sur mon appareil, et profiter du chauffage au gaz.

La nuit devrait être bonne après presque 10h de marche et 20 km en deux jours. Otsal récite même des textes sacrés tout en regardant les photos et vidéos, comme la plupart des gens récitant le mantra « Om Mani Padme Hum » en manipulant une sorte de collier de 108 perles, le plus souvent possible, même les femmes hier le faisaient tout en buvant du chang.

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